Fesses en l'air

Trans Musicales 2017 : Live Report

Ecrit par Fanch 22 janvier 2018

En décembre dernier nous avions la chance de couvrir de nouveau le festival des Trans Musicales de Rennes du vendredi au dimanche soir. Une fois de plus nous repartons nourris pour l’année en découvertes. Le pot de talc est vidé, nos oreilles rincées. On te raconte tout. Voici jour par jour, le court récit de nos errances et surprises musicales.

Tu peux aussi écouter la playlist qu’on avait concoctée pour le festival ici :

♦ Playlist Trans Musicales 2017 

Jour #1 : la mise en oreille

Départ top chrono de Paris le vendredi en plein milieu d’après-midi. Oui il faut qu’on soit sûrs d’arriver à temps pour voir le groupe suisse Pandour. On ne sait pas pourquoi on se met la pression, mais c’est finalement nos valises posées au chaud qu’on s’est précipité à l’UBU pour ce premier concert. Malheureusement nous arrivons tout juste à la moitié d’un set déjà court, qui aurait tellement pu enflammer le Parc Expo plus tard dans la soirée. Pandour oscille entre rock planant et musique électronique entêtante, c’est un peu la rencontre entre Darkside et l’Orient. Autrement dit ça vient de loin et ça réchauffe !

Nous débutons notre soirée au Parc Expo avec le très bon DJ néerlandais Duke Hugh qui prépare le terrain pour la soirée. Chaque vinyle est une petite perle qui nous met en jambe pour la suite. C’est donc avec Tank and the Bangas que la soirée continue. Emmené par Tarriona « Tank » Ball à la présence presque solaire, le groupe nous ballade en laisse avec son hip-hop/r&b/soulisant et funkisant à souhait. Notre première soirée s’achève avec le groupe Flamingods. Leur pop psychédélique aux rythmes tribaux nous enchante, nous avons atteint notre rythme de croisière pour les jours à venir. Merci bonsoir.

Jour #2 : le climax auditif

Premier réveil difficile, nous avons trouvé notre rythme. Cette fois-ci, pas question d’arriver tard au Parc Expo. C’est donc au groupe rennais Dynamic Blockbuster que nous confions en toute confiance et naïveté les rênes de notre début de soirée. Un savant mélange de saxophone, trombone et autres instruments cuivrés. Le tout est agrémenté de pads, ces petites touches en caoutchouc qui peuvent libérer les samples les plus fous. Ensuite vient l’heure du choix… Nous optons sans regret pour les Américains de Washed Out, qui provoquent en nous un premier choc visuel. Leur musique se veut aérienne, nous faisant penser aux bons côtés de groupes connus comme M83 ou encore le jeune Roosevelt.

Vient ensuite la bizarrerie de la soirée, et peut être du festival. On s’est tout simplement fait souffler par le groupe londonien Snapped Anckles. Déguisés en arbres, couverts de mousse et de lichen, ils nous ont balancé leur post-punk chamanique et tribal en pleine face. Personne n’en est sorti indemne. C’est donc après cette parenthèse animale et hypnotique que nous repartons sur les rotules (ah.ah). Petite excursion house très rythmée avec l’anglaise Josey Rebelle qui nous fait tourner du poing et des fesses pendant tout son set. Elle mélange tout, l’incontournable et l’inédit, la disco et la techno, on repart avec une galette saucisse dans chaque oreille.

Nous avons ensuite eu la chance d’assister au show punk des Viagra Boys, avec leur chanteur américain exilé en Suède, Sebastian Murphy. Habité un peu à la manière d’un Ian Curtis, il se trémousse, hanté sur des basses très lourdes. Nous terminons enfin le Parc Expo avec Moon Hooch. Comme tout bon brass-band on retrouve derrière ce trio deux saxophonistes et un batteur. Les trois Américains savent mettre tout le monde d’accord et clôturer cette soirée pour nous.

Jour 3 : les oreilles dans les chaussettes

Le dimanche des Trans est toujours un moment particulier. Le réveil des soirées précédentes est devenu une habitude. Une partie de notre tête est restée figée au Parc Expo, c’est alors qu’il faut reprendre ses esprits dans une ville qui dort et qui laisse tranquillement partir tous les festivaliers. Ce n’est pas notre cas ! On se dirige alors vers l’UBU pour cette dernière soirée avec deux groupes anglais dont on ne voulait pas louper la prestation.

Nous arrivons alors tout juste pour nous placer devant A House In The Trees. Leur entrée sur scène est assez étrange, le groupe semble arriver sur scène pour la première fois avec un très timide « bonsoir ». Les deux premiers morceaux sont poussifs, mais on semble arriver au moment de délivrance avec les cris du chanteur, presque comme un appel au secours. Une fois purgé, le show débute vraiment. Le chant masculin/féminin marche bien, le son est bon bien qu’un batteur n’aurait pas été de trop. Ce groupe reste un des ovnis musicaux à suivre dans les mois à venir !

La soirée se poursuit (et se termine pour nous) avec les Anglais tout droit débarqués de leur ESSEX avec leur accent tranchant, tout comme leur musique. Le chanteur des Eight Rounds Rapid semble habité mais tout dans la retenue, un véritable dandy anglais. On s’est retrouvés quelques instants dans une ambiance à la Park Life de Blur.

Le temps file, la fatigue monte, le set des Anglais nous aura achevé. C’est alors qu’on repart pour un dernier repos avant de quitter Rennes. On a mis nos oreilles en veille et nous sommes rentrés sur Paris pour reprendre nos esprits. A l’année prochaine !


Crédit Photo :
(c) Antoine Lécot pour La Fessée Musicale.

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